Nouvelles du RTMQ

Sondage Hebdomadaire Covid-19

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Introduction

 

Considérant l’évolution rapide des impacts économiques causés par la COVID-19 (la pandémie), il est primordial de maintenir un contact direct et régulier avec les entreprises de la Fabrication métallique industrielle (FMI). C’est pourquoi le Créneau ACCORD Transformation Métallique RTMQ, le comité sectoriel PERFORM et Sous-Traitance Industrielle Québec (STIQ) ont conjointement instauré un sondage auprès des entreprises œuvrant au sein de cette industrie.  Ce sondage, qui pourrait évoluer selon les enjeux répertoriés, sera transmis hebdomadairement jusqu’à ce qu’il devienne moins ou non pertinent.

 

Ce sommaire, destiné à diverses instances gouvernementales et aux entreprises participantes sera réalisé à la même fréquence. Son contenu variera bien sûr selon les constats et les tendances observés.

 

La deuxième itération de ce sondage consistait à transmettre un questionnaire comprenant 21 questions à 1836 entreprises. À l’instar du portrait de cette industrie au Québec, ces entreprises comptent de 1 à plus de 2 500 employés et sont présentes dans la plupart des régions du Québec. En date du 7 avril 2020, 102 questionnaires nous ont été transmis, ce qui correspond à un taux de réponse de 6 %, taux plus que satisfaisant compte tenu du court délai accordé pour le compléter et de la situation de crise à laquelle nous sommes tous exposés.

 

Les résultats qui suivent ont été répertoriés à partir de questionnaires complétés entre le 2 avril et le 7 avril 2020. À noter que certaines réponses nous ont été transmises avant la nouvelle mesure annoncée par le gouvernement provincial, soit la fermeture des entreprises jugées non essentielles jusqu’au 4 mai 2020.

 

Résultats

 

Entre notre première et deuxième itération, la situation est demeurée stable pour 44 entreprises alors qu’elle a évolué pour 10 autres. Ainsi, les résultats présentés ci-dessous sont relatifs aux données répertoriées pour ces 10 dernières en plus des 48 entreprises qui y participaient pour une première fois.

 

Voici donc les faits marquants des entreprises ayant répondu à cette deuxième itération de notre vigie hebdomadaire :

 

  • 30 % ont procédé à l’arrêt complet de leur usine (vs 33 % lors de la première itération);
  • 21 % ont essentiellement maintenu en poste les employés de bureaux, en ayant recours au télétravail (vs 25 % lors de la première itération);
  • 44 % poursuivent leurs activités (vs 42 % lors de la première itération).

 

→ Notons que nous observons une constance dans ces résultats comparativement à notre premier questionnaire complété par leur entreprise entre le 26 et le 31 mars 2020.

 

Par ailleurs, les mêmes entreprises ont fait part des éléments suivants.

 

  • 70 % des répondants considèrent que cette crise a ou aura un impact négatif significatif sur leurs projections de liquidités ou flux de trésorerie (vs 62 % lors de la première itération);
  • 70 % ont d’ailleurs reporté ou annulé leurs projets d’investissement en capital (64 % lors de la première itération);
  • 18 % expriment leurs inquiétudes quant à la survie de leur entreprise (donnée identique à la première itération).

 

→ Comparativement à notre premier questionnaire complété par les entreprises entre le 26 et le 31 mars 2020, ces résultats révèlent l’inquiétude croissante des entreprises du secteur.

 

Pour entreprises ayant continué leurs opérations, il faut retenir les principaux résultats suivants :

 

  • Au niveau des processus d’affaires, les entreprises ont déclaré être très fortement affectées ou fortement affectées au plan des ressources humaines (68 % vs 74 % ors de la première itération), des opérations et de la production (88 % versus 73 % lors de la première itération), des ventes de produits (88 % versus 69 % lors de la première itération) et des finances (76 % vs 52 % lors de la première itération);
  • 96 % des entreprises ont exprimé subir un ralentissement de leur production (vs 85 % lors de la première itération). Cette baisse de production est supérieur à 50 % dans près de 58 % des cas (vs 70 % lors de la première itération);
  • Un peu plus de la moitié des entreprises ont souligné rencontrer des problèmes notamment d’approvisionnement, leurs fournisseurs de matières premières, surtout québécois, comblant difficilement leurs besoins;
  • Environ 88 % des livraisons devront être reportées à la demande des clients (vs 60 % lors de la première itération);
  • 76 % des entreprises estiment que leur carnet de commandes a subi une baisse supérieure à plus de 30 % en lien avec la pandémie (vs 44 % lors de la première itération);
  • Au point de vue de la dotation, seuls les postes considérés essentiels sont comblés.
  • 88 % des entreprises ont procédé à des mises à pied, principalement temporaires (vs 68 % lors de la première itération).

 

→ Comparativement à notre premier questionnaire complété par les entreprises entre le 26 et le 31 mars 2020, ces chiffres démontrent que cette crise a de plus en plus d’impact sur les processus d’affaires des entreprises.

 

Commentaires et suggestions des entreprises: les grandes lignes

- Annuler et non reporter les DAS.

- Subvention de 75 % inapplicable pour la majorité des petites entreprises qui n'ont pas
forcément les fonds nécessaires pour avancer les salaires de ses employés.

- Manque de clarté en ce qui a trait aux subventions offertes par les gouvernements.

- Création d’un portail pour centraliser les demandes et les offres des différents manufacturiers.

- Création d’un portail centralisant les besoins manufacturiers des gouvernements.

- Manque de clarté sur la définition des services essentiels.

 

Commentaires exprimés par les entreprises répondantes jugés représentatifs, innovants ou constructifs

 

« Le 75%/25% nous aurait permis de passer au travers de cette période difficile, sans impact sur les employés et sur la mise à niveau qu'il nous fallait pour atteindre notre objectif de devenir rentable. Nous avions un carnet de commande de plus de 2 fois notre capacité et en étions à nous ajuster, avec beaucoup d'investissement... Nous avons alors annulé ou déplacé certaines commandes. Bien que cela nous permette tout de même d’augmenter nos ventes comparativement à l’an passé, nos profits sont faibles voir nuls. »

 

« Le gros problème est que les généraux ont trouvé toutes les excuses pour ne pas payer les sous-traitants comme moi donc déjà notre cash-flow était très bas. »

 

« Annulation (et non report) des DAS. »


« Création d'un code pour les relevés d'emploi en cette période de crise, par exemple Mise à pied temporaire-COVID-19... nous avons beaucoup de difficultés à attribuer un code lorsque les employés se retirent pour protéger un conjoint qui travaille à des services essentiels ou qui sont trop anxieux pour venir travailler (sans billet médical). Notre entreprise fonctionne à effectifs réduits. Pouvons-nous obliger les employés à venir travailler? S'ils viennent, ils ont un effet négatif sur l'ensemble des troupes ! »

 

« La subvention de 75% est inapplicable pour la majorité des petites entreprises qui n'ont pas forcément les fonds nécessaires pour avancer les salaires de ses employés. Sans avoir la garantie d'obtenir cette subvention. »

 

« Peut-être un portail pour centraliser les demandes et les offres des différents manufacturiers. Nous avons la capacité de fabriquer une grande quantité de pièces si nécessaire, mais nous ne savons pas vers qui nous tourner. »

 

« Les subventions sont importantes. Pour nous les prêts ne changeront pas les perspectives à moyen terme, étant donné qu'ils doivent être remboursés, ce qui suppose que les commandes perdues seront toutes récupérées dans l'année. Ce ne sera pas le cas. Les subventions par contre, nous permettraient de passer à travers la crise sans détériorer notre situation financière. »

 

« Les mesures sont annoncées mais nous n'avons pas de détails sur celles-ci. Ça donne encore plus d'incertitudes à savoir si nous rappelons nos employés au travail. »

 

« Gardez vos fonds pour relancer l’économie après la pandémie. »

 

« Imprécisions dans les réponses du Gouvernement dans la manière de rassurer nos employés (es) correctement et sans ambiguïté en ce qui concerne l'accès à une forme de rémunération pendant la pandémie. De même pour l'employeur, en ce qui concerne l'offre du 75% et du 25%. Nous attendons encore les détails. »

 

« Nous sommes un petit groupe d'entrepreneurs qui pourrions aider, nous avons je pense tout ce qu'il faut pour cela tout ce qui nous manque c'est de l'information précise de ce qu'il faudrait faire. Le gouvernement pourrait proposer à des compagnies Québécoises ce dont il a besoin à court, moyen et long terme pour ne pas dépendre uniquement des compagnies étrangères pour l'approvisionnement des nécessitées sanitaires récurrentes. »

 

« Le plus grand enjeu est que mes compétiteurs œuvrant dans le même domaine que nous continuent leurs opérations. J'ai des clients qui transfèrent leur commande vers eux. De plus, ces commandes sont questionnables sur leur nature... Essentielles ou non essentielles. Je pense que la notion de service essentiel doit être clarifiée par nos instances gouvernementales rapidement ou plusieurs entreprises vont se remettre en activité en fonction de l'attitude de leur compétiteur. Si cela a un impact sur le degré de transmission du virus, la crise va durer plus longtemps. Je suis sur le point de redémarrer mes activités. »

 

« Si la pandémie dure plus de 2 mois, le gouvernement va t'il débloquer un fond d'aide pour payer nos loyers? Pour une petite PME comme moi, ce n’est pas trop long pour vider les économies amassées avec les années. »

 

« Je crois que les entreprises de moins de 25 employés devraient rester ouvertes même si elles ne sont pas des services essentiels. Il y a moyen de prendre des mesures de protection en entreprise et de ne pas répandre le virus si des mesures d'hygiène sont prises à l'interne. »

 

« Sur le programme de 75%, avoir TOUS les critères bien définis et les modalités du processus de remboursement. J'ai des réserves tant qu'au système " Phénix " …. Il faut que les Gouvernements développent des programmes pour permettre aux entreprises d'avoir le plus de liquidités possibles afin de payer leurs comptes! Plusieurs entreprises ne paient pas leurs CÀP car ils mentionnent désirer protéger leurs liquidités…. Cette situation va juste contribuer à dégénérer plus rapidement la situation. Je sens que les entreprises bien gérées vont être pénalisées car les Gouvernements vont " aider " les " canards boiteux " encore une fois. »

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